Ce matin, nous nous sommes levés à 6h30. Les trois volontaires (Martin, Paul et Charly) de l'expédition sont prêts. Nous sommes dans la salle à manger face au sommet qui nous attend.
Les sacs sont enfin chargés, l'eau, le repas pour le midi et diverses affaires s'y trouvent. Lulu notre économe a été aux petits soins pour nous. Dans le sac des ships et quelques gâteries
énergétiques pour la route. Les jeunes engagés dans ce défi décident de faire le tour complet de la montagne, départ du village des Aillons, retour au centre.
Avec Dominique nous décidons de prévoir une sortie de secours. S'ils se sentent fatigués, nous pourrons toujours faire venir le véhicule au bas de la montagne soit par un retour aux Aillons, soit
au village de Montlardier.

1) Il est 7h30 du matin lorsque, dans la fraicheur du matin nous attaquons l'ascension. Le village est à 930 mètres et la Dent de Rossane nous surplombe à 1875 m. Le temps est magnifique, pas un
nuage dans le ciel. Mais le soleil n'a pas encore fait sont apparition de ce côté de la montagne.

La première partie de la montée se fait dans le sous-bois. L'air y est frais. Il faut se mettre dans le rythme, car la montée est rude.
L'an dernier, en raison des orages nous avions du rebrousser chemin, puis au début de la session, les conditions météorologiques étaient si défavorables lorsque nous avions prévu l'ascension que
cette année elle avait été annulée.
Paul et Martin faisaient partie de l'expédition de l'année passée. Déçus, ils avaient décidé cette année de ne pas quitter le centre sans avoir pu, enfin, réaliser cette montée.
Avec Dominique, nous avions décidé de leur proposer cette sortie à la carte. Pendant que leurs camarades partaient se baigner au plan d'eau de Lescheraines, eux engageaient leurs dernières forces
dans ce défi avant de rentrer dans deux jours en Bretagne.
Donner du sens à l'effort, cette satisfaction d'avoir recherché une limite à atteindre, et une subjugation face aux paysages et à la vue qui s'offrent à nous lors des montées sont les quêtes que
se sont fixées nos trois explorateurs.

2) Le dénivelé devient de plus en plus important. Nous sommes au bas de la combe du Cheval. Maintenant la montée se fait à la verticale.
Les premiers pierriers font leur apparition, on se rapproche du col avant le creux du lac. Il y a maintenant quelques minutes que nous avons entendu des pierres rouler de l'autre côté. Les
chamois ne sont pas très loin. D'habitude ils se mettent à l'abri des randonneurs de l'autre côté de la crevasse. Mais il est encore tôt, et nous sommes les premiers à fouler ce chemin, peut-être
aurons-nous la chance d'en voir ?
Nous savons que nous allons réussir, la licorne est là pour nous guider vers le sommet.
3) Et soudain...

Ils sont bien là. Les chamois, où on les attendait. Deux chamois terminent leur nuit en face de nous. Ils ne semblent pas gênés par notre présence. Nous prenons le temps de les observer à la
jumelle. C'est un de ces instants magiques.

3) Nous arrivons au niveau du creux du lac. 1700 m et des poussières. Le sommet de la Dent de Rossane n'est plus qu'à quinze minutes de là. Nous décidons tout de même de nous accorder une pause
énergétique. Au menu, orange pour les vitamines C et raisins secs. De plus les marmottes sont là, sous nos pieds à s'ébattre dans l'alpage.

Si vous faites attention, vous remarquerez des petits points dans l'herbe.

En pleine observation...
4) Puis nous prenons la route vers le col de Rossane, puis direction la croix un peu plus haut.

5) En haut de la croix, nos jeunes héros. L'exaltation est à son comble. La vue est magnifique.

La montée vers le colombier...

Les plans d'eau du Châtelard ou de Lescheraines. Nos camarades sont là-bas, mais nous ne regrettons rien, l'effort mais la satisfaction à la vue des chamois et des marmottes. Le Mont Blanc montre
également sa pointe de l'autre côté de la vallée.
Après avoir rempli nos yeux de merveilleuses images, nous entamons la redescente.

Une petite pause au niveau de col de Rossane, entouré de vaches dont les clarines résonnent entre les cimes.
Nos trois jeunes décident de partir pour la grande boucle. Il fait beau, nous avons le temps devant nous. Ils veulent profiter au maximum de cette dernière sortie avant leur retour. Nous allons
donc plonger dans la combe de l'Illette. Une fois passée la limite du col il sera trop tard pour revenir par l'autre chemin.

Nous plongeons dans la combe de l'Illette, Rossane est déjà loin. Un peu plus bas nous ferons une pause pour déjeuner.

Les restes de l'hélicoptère qui s'est écrasé il y a maintenant plusieurs dizaines d'années gisent encore en contre bas.
Après notre déjeuner, nous attaquons la descente.

Au fond de la combe, le chemin, n'est pas facile à trouver. Il faut longer la falaise et les éboulis.
La descente, à partir de là, est très longue et délicate par endroits. Le terrain alterne entre roche et végétation assez haute, le tout bien humide, avant d'atteindre le sous-bois. Mais le
chemin reste très attrayant surtout le long de l'escarpement.

On croise de nombreuses fleurs, ici un lys martagon, une fleur protégée de nos montagnes.

La route est longue, très longue pour descendre au village de Montlardier. Bien-sûr, la fatigue est déjà là, La pente est très raide et les douleurs commencent à se faire sentir au niveau
de nos cuisses. Le balisage laisse à désirer. Heureusement nous pouvons compter sur les petits tas de pierres pour nous guider jusqu'en bas.
Nos pas sont maintenant mécaniques. Il faut que le village de Montlardier, arrive et vite. Pourtant on ne voit rien à travers les grands sapins. Et puis.........

C'est la fin. Le village enfin. Nous n'en pouvions plus des orteils compressés au bout des chaussures. L'eau, potable, de la fontaine nous fait le plus grand bien.
Ce petit village, est très agréable. Il a conservé un charme pitorresque.

Encore trente minutes et nous serons au Châtelard. Le défi est réussi. La douleur de la descente est vite oubliée. Nos trois gaillards sentent l'écurie bien proche.
Opération réussie, ...
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